Table des matières

Crise d'adolescence et adolescents en crise

Approche thérapeutique

Quelques pathologies

Bibliographie


Table-ronde Sophrologie et adolescents

Animateurs: Michèle Declerck, Jean-François Maillard, Françoise Bouvier


I) Nous sommes partis d'un consensus-inspiré d'auteurs tels que J-D Nasio, Xavier Pommereau et Philippe Jeammet sur le fait qu'il y avait lieu de distinguer la crise d'adolescence considérée comme un passage obligé : en quelque sorte l'équivalent du complexe d'?dipe à 10 années d'intervalle et l'adolescence " en crise " qui ne se résout pas d'elle-même et peut donner lieu à des conduites dangereuses, voire déboucher sur des pathologies durables.

D'où l'importance de savoir reconnaître les symptômes qui font signe, soit en raison de leur dangerosité propre, soit en tant qu'indicateurs pathologiques, le problème étant qu'une crise même passagère peut avoir des répercussions sur le reste de l'existence.

Pour autant, les participants insistent sur la nécessité de ne pas " psychiatriser " systématiquement les adolescents, d'autant que comme le remarque Jean-François Maillard, il faut tenir compte de l'évolution du cadre et des règles, voire de la banalisation de certaines pratiques (telles que la consommation plus ou moins régulière ou occasionnelle du cannabis).


II) Dans un deuxième temps, nous nous sommes interrogés sur la validité même d'une approche thérapeutique dans la mesure où comme chacun sait, " l'ado " consulte rarement de son plein gré.

Dès lors, 2 points de vue s'opposent :

  • l'opinion dominante, selon laquelle il ne sert à rien de recevoir contre son gré un ado à une consultation dont il ne voit pas l'intérêt, quitte à s'exposer à un négativisme, voire un mutisme total
  • la position exprimée par Philippe Jeammet dans son livre " Pour nos ados, soyons adultes ",qui invite en quelque sorte les parents à sauver leurs ados malgré eux, d'autant que l'absence apparente de motivation chez un jeune n'équivaut pas nécessairement à une absence de demande de sa part.

Il apparaît d'ailleurs que pour l'ado, le sophrologue peut être plus rassurant que le psy, la pratique de la RD1 étant la plus recommandée. Par contre, il vaut peut-être mieux éviter les sensations " planantes " de la sophronisation de base qui peut rappeler certaines addictions. Françoise Bouvier raconte pour sa part que lorsqu'elle voit venir des ados " contraints et forcés ", elle essaie de les convaincre de tirer parti malgré tout de la possibilité d'un instant d'échange qui ne rejoint pas nécessairement l'attente de leurs parents.


III) Sont évoquées ensuite quelques pathologies sévères qui en tout état de cause justifient une approche thérapeutique, soit parce qu'il y a urgence, soit en raison des répercussions à terme, soit pour ces deux motifs conjugués :

  • les troubles du comportement alimentaire, chez les filles essentiellement : anorexie-boulimie, qui, s'ils ne sont pas spécifiques de cette tranche d'âge, s'y révèlent et s'y installent
  • les conduites à risques, de préférence mais non seulement chez les garçons sous lesquelles on peut regrouper les addictions aux drogues et à l'alcool, les violences contre soi et les autres, les comportements suicidaires
  • le retrait relationnel, souvent associé à la fréquentation exclusive des jeux virtuels, qui s'accompagne de déscolarisation, celle-ci entraînant la désocialisation, jusqu'à la figure du grand ado apathique décrite par Michèle Declerck, sous le titre " EDR " (Envie de Rien).

L'avis général est que l'important - et qui justifie l'approche sophrologique - consiste à reconnecter l'adolescent avec ses sensations et ses émotions pour lui permettre de les identifier, de leur donner un sens afin de laisser une ouverture pour de nouvelles réponses, ce qui suppose de renouer avec une certaine créativité.


IV) Une 4ème partie, mais qui va apparaître plutôt comme une conclusion dans la mesure où certains points ont été déjà abordés en cours de route, va s'attacher à passer en revue les différentes méthodes susceptibles de venir en aide à la sophrologie dans cette approche des problèmes de l'adolescence qui nécessite de toute évidence une intervention pluridisciplinaire.

On insiste surtout sur la nécessaire attitude pédagogique du thérapeute qui doit porter sur les difficultés actuelles-les seules qui intéressent l'adolescent, mais surtout sur l'importance pour celui-ci de trouver le juste positionnement : ni juge, ni substitut parental, ni psy copain.

Les groupes de paroles, sur la technique du psychodrame sont évoqués comme complément à une thérapie individuelle, à condition d'y laisser les ados s'exprimer " entre eux ". Par contre,quelques doutes sur les thérapies familiales qui peuvent donner lieu à des détournements sous forme de réglements de compte.

Enfin, l'institution fait preuve d'efficacité en ce qu'elle permet de réadapter l'ado aux règles de la vie en commun hors du contexte familial, le problème étant qu'elle se heurte parfois aux résistances non tant de l'ado que de ses parents, mais surtout à l'insuffisance quantitative des structures existantes.


Bibliographie

Michèle Declerck, EDR=Envie de Rien, Grego 2010
Philippe Jeammet, Pour nos ados,soyons adultes, Odile Jacob 2008
J-D Nasio, Comment agir avec un adolescent en crise ?, Désir Payot 2010
Xavier Pommereau, Quand l'adolescent va mal, JC Lattès 2008
Pierre Sullivan, Psychopathologie de l'adolescent, Psycho Inpress 2001

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