La librairie de la SFS
La Rencontre
de Charles Pépin
Le mot “rencontre” vient du vieux français “encontre” qui exprime “le fait de heurter quelqu’un sur son chemin”.
Lors d’un voyage en train, je rencontre mon voisin de route pour les deux heures qui séparent Strasbourg de Paris… Deux heures à échanger avec ouverture, sincérité, et à l’issue desquelles il me conseille ce livre… Quoi de mieux qu’une rencontre pour initier cette lecture.
Pourquoi certaines rencontres nous donnent-elles l’impression de renaître ? Comment se rendre disponibles à celles qui vont intensifier nos vies, nous révéler à nous-mêmes ? C’est ce que se propose d’explorer l’auteur. Pour ce faire, il convoque philosophes, romanciers, cinéastes… afin de nous révéler la puissance de la rencontre.
Certains récits m’ont émue, notamment la rencontre de Boris Cyrulnik et d’Emile
Une invitation à la disponibilité :
Je crois profondément que nous avons besoin des autres pour devenir nous-mêmes, que les rencontres ont le pouvoir de nous ouvrir à d’autres dimensions de nous-mêmes, si tant est que nous soyons disponibles.
Pas si simple, à l’air où règne le numérique et où être débordé est devenu un signe extérieur de richesse. Sollicités de toute part, nous risquons de perdre le sens de la durée, de la construction, de l’approfondissement des choses et des liens.
Une invitation à l’action :
S’aventurer dans le monde sans savoir au juste à quoi ressemblera cette aventure, sans connaître à l’avance les effets de la rencontre entre notre action et le monde.
Une invitation à plus de légèreté, moins de contrôle :
L’auteur évoque une formule qu’il disait à ses enfants : « j’y vais – je vois ».
J’y vais : initier un pas ; je vois : être prêt à accueillir ce qui se présente.
Se lancer, mais moins tendu vers l’objectif que l’esprit ouvert, attentif à tout le reste.
Une invitation à dévoiler notre vulnérabilité avec délicatesse :
L’empathie, le partage sont difficiles quand chacun s’accroche à son image et refuse de se dévoiler.
Assumer ses doutes, ses craintes, oser les confier avec délicatesse, attentif à l’autre et à son ressenti, soucieux des mots et du moment.
Une partie est consacrée à la relation d’aide : il y évoque la notion de bonne « alliance » qui peut produire son effet de délivrance, de « tuteurs de résilience », ces personnes qui sont capables par le soin, l’attention ou l’amour qu’elles nous portent, de nous aider à nous relever. Il cite, entre autres, Levinas : « Notre responsabilité commence dès que nous engageons la conversation avec l’autre », Carl Rogers et l’accompagnement inconditionnel de l’autre.
Dans la dernière partie du livre, il propose une lecture anthropologique, existentialiste, religieuse, psychanalytique et dialectique qui apporte encore un éclairage différent.
Un livre que je trouve rempli d’espoir, rappelant la puissance du collectif et qui renforce en moi l’envie d’œuvrer pour un monde plus lumineux.
Un éloge à la présence vraie, à la vie vécue en conscience et éveillée, à la vie vécue comme une aventure, heureux de ne pas savoir à quoi s’attendre.
par Julie Hirschner
Sophrologue, spécialiste en Sophrothérapie




