Lumières sur un accompagnement…
Autour de la phobie scolaire d’un adolescent
Je rencontre F. le 15 janvier 2025, c’est un adolescent de 15 ans, déscolarisé depuis septembre 2024 et qui depuis son entrée en 6ème a progressivement développé une phobie scolaire avec pensées suicidaires lorsqu’il se rend à l’école. C’est un bon élève avec des résultats convenables qui a toujours la moyenne malgré les circonstances. Enfant précoce, il savait lire à 2 ans et parlait anglais à 4 ans.
L’engrenage démarre en 6ème par des plaintes somatiques, en 5ème il change d’établissement pour un collège privé mais la situation empire. Il se met beaucoup de pression, pleure en classe, tente de se scarifier. En fin de 4ème , il fait une tentative de suicide. Il amorce la rentrée en 3ème par demi-journée de présence, il décroche en octobre et n’y retournera plus.
Au moment de notre rencontre il est accompagné mensuellement par une psychologue et un pédopsychiatre. Sa mère le décrit comme très sensible, empathique, bienveillant.
Lors de notre première entrevue, il semble éteint, abattu, n’a plus le goût à rien hormis jouer sur les écrans, il est fatigué et a des difficultés de concentration, tout semble demander une énergie considérable. Nous démarrons un accompagnement hebdomadaire, dans la douceur, le respect de son rythme. Je m’approche pas à pas, il a besoin de temps et de se sentir en confiance.
Au début, comme il est très fatigué, la position debout lui est difficile, nous commençons donc par de la SB en position assise avec de la visualisation (les trois coffres, le chemin, l’oiseau) ainsi que des SAP. Outre les multiples bienfaits de ces techniques, l’idée est de le remettre debout en imaginaire pour réintroduire progressivement le mouvement réel et l’aider à réinvestir son corps grâce à la RD1, que nous pratiquerons par la suite avec régularité.
En parallèle, j’utilise des outils pédagogiques (arbre des talents, carnet de fiertés quotidiennes, jeu des émotions, jeu des qualités, jeu de rôles pour ouvrir le dialogue, l’aider à s’exprimer, à envisager des interactions positives avec les autres), et j’accompagne ses parents dans l’organisation du quotidien (moins de temps sur les écrans, rythme de sommeil plus structuré, repas communs, activités physiques…).
Très progressivement, et au gré des pratiques et des entraînements personnels, F. reprend goût à la vie. Il réinvestit son corps, se redresse, sourit, son visage s’illumine. Il me fait part de ses ressentis, me parle davantage de lui. Je sens qu’il commence à sortir la tête de l’eau.
Nous faisons un bilan à 6 mois et voici ses mots : « Depuis que je pratique la sophrologie, je me comprends mieux. Avant, j’avais l’impression d’être perdu dans mon corps, ce n’est plus le cas aujourd’hui. C’est comme si nous étions tous des fleurs, avant j’étais une graine et grâce à la sophrologie, lentement, lentement, j’ai pu me découvrir, m’épanouir. » Il commence à envisager une reprise de l’école.
Après une pause estivale nous reprenons fin août en espaçant nos rendez-vous, j’intègre progressivement de la RD2 A et B pour ouvrir son champ de conscience, qu’il ne reste pas fixé à son quotidien à la maison. En somme, l’idée est de lui permettre de prendre de la hauteur, de s’ouvrir à un environnement plus large et bien entendu de renforcer l’estime de soi et la capacité de futurisation. En novembre 2025, il a repris les cours au sein d’une école Montessori, en visio pour le moment le temps de se réadapter.
Nous continuons à nous voir une fois par mois. Ce sont des séances de suivi qui le rassurent, consolident ses acquis et lui permettent de continuer sur son chemin de vie, avec davantage de confiance en ses capacités et avec la sophrologie comme compagne de route.
Pour terminer ce partage, je souhaite exprimer ma gratitude envers F. pour sa confiance et pour me permettre, tout comme ceux que j’accompagne, d’exercer mon métier avec sens et authenticité.
par Julie Hirschner
Sophrologue spécialiste en Sophrothérapie. J’exerce au sein d’une maison pluridisciplinaire spécialisée dans la famille, j’y accompagne enfants, adolescents, adultes et notamment les femmes enceintes.



